Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Par: Annie-Ève Collin

Aujourd'hui, avec les "théories" du genre qui s'enseignent dans certains départements d'université, ainsi qu'avec les revendications de militants LGBTQ-alouette, on a le plaisir (sarcasme) d'avoir de longues discussions sur ce qu'est une femme et ce qu'est un homme.


Est-ce qu'on est femme par son sexe ou par son genre? Qu'est-ce que le genre? Est-ce un ensemble de faits sociaux, une "performance", un sentiment intime? On ne sait plus trop, parce que les miiltants du genre et les universitaires utilisent ce mot dans au moins ces trois sens différents (et peut-être y a-t-il d'autres sens que je ne connais pas encore).

Revenons-en aux définitions, justement. Le sexe est un fait biologique. Il y a deux sexes : femelle et mâle. Il existe des espèces chez lesquelles les organismes sont hermaphrodites, c'est-à-dire qu'ils ont les deux sexes (ils produisent aussi bien des gamètes mâles que des gamètes femelles). 

Mais de nombreuses espèces, y compris l'espèce humaine, sont qualifiées de sexuées. Les espèces sexuées sont celles dans lesquelles chaque organisme a un seul sexe. On parle donc d'organismes femelles et d'organismes mâles.

On a l'habitude, en français, d'appeler les femelles humaines des femmes et les mâles humains, des hommes.

Maintenant, l'espèce humaine, outre ses caractéristiques biologiques, se caractérise aussi par le fait d'avoir une culture. Toutes les sociétés font des interprétations de la réalité empirique, des interprétations qui peuvent être utilitaires, mais qui sont aussi souvent symboliques, éthiques, religieuses, artistiques, etc.

Des interprétations de tous ces types ont été faites des différences entre les sexes et ça a donné ce qu'on appelle le genre : un ensemble d'attitudes socialement attribuées à un sexe ou à l'autre. Le genre associé à la femme prend le nom de féminité. Le genre associé à l'homme prend le nom de masculinité.

Précisément, le genre est un culturel, social, contrairement au sexe. Ce qui est culturel et social est beaucoup plus malléable que les faits biologiques, et on peut même volontairement modifier, faire évoluer ce qui est culturel et social, du moins beaucoup plus facilement qu'on ne pourrait modifier volontairement ce qui est biologique.

Du coup, la féminité et la masculinité, ça évolue, ça varie d'une société humaine à l'autre. On jouit aussi d'une certaine liberté à l'échelle individuelle : chacun et chacune peut s'approprier le genre associé à son sexe de diverses manières, mais aussi ne pas se l'approprier, et même le transgresser. 

Il est possible à une femme d'adopter des attitudes considérées comme masculines (dans son habillement, dans sa façon de bouger, dans ses préférences quant à ses loisirs, dans le choix de son métier ou de ses occupations, etc.). Il est possible à un homme d'adopter des attitudes considérées comme féminines.

Quand beaucoup de gens s'approprient des attitudes traditionnellement attribuées à l'autre sexe, on peut considérer que le genre a évolué. Ainsi, le métier de juriste était traditionnellement un métier masculin, mais il ne l'est plus aujourd'hui, puisqu'il y a de nombreuses femmes juristes et que ça ne surprend plus personne de rencontrer des jeunes femmes qui étudient en droit.

On pourrait développer davantage sur le sexe et le genre, mais je crois que ce qui a été dit suffit ici. On a donc déjà des mots pour distinguer les humains selon leur sexe (femme et homme) et des mots pour parler des genres (féminin et masculin). 

On sait aussi que les femmes et les hommes peuvent vouloir déroger au genre qui est associé à leur sexe dans la société dans laquelle ils vivent, et s'approprier plutôt le genre associé au sexe opposé. Et c'est merveilleux, on a déjà des mots en français pour désigner ces personnes : ce sont des femmes masculines et des hommes féminins. En les désignant comme ça, tout est clair : on peut nommer le sexe auquel ils appartiennent et on peut aussi parler de leur façon d'agir.

C'est si simple...

Justement, c'est ennuyant la simplicité. C'est pour ça que les "théoriciens" du genre et les LGBTQ-alouette n'aiment pas cette idée. Non, eux, ils ont trouvé une meilleure idée : pourquoi ne pas tordre le sens des mots femme et homme? On pourrait dire qu'être une femme ou un homme, ce n'est pas simplement associé à un genre, mais c'est EN FONCTION du genre. On est femme parce qu'on performe le genre féminin, et homme parce qu'on performe le genre masculin.

Pour rendre leur idée encore plus géniale, ils se sont mis à jeter la confusion sur ce qu'on désigne par le mot genre. Tantôt c'est une construction sociale, mais tantôt c'est plutôt un sentiment intime auquel seul le principal intéressé a accès, et qu'il ne faut pas remettre en question. 

Après tout, si on s'en tient au genre comme ensemble de faits sociaux, c'est encore trop ennuyant, parce que trop concret : même des faits sociaux sont objectifs, c'est-à-dire qu'ils peuvent être observés par les autres et peuvent être étudiés. Pour une société donnée, on peut identifier les comportements considérés comme féminins et les comportements considérés comme masculin, et on peut aussi constater qu'une personne a des comportements masculins ou des comportements féminins. 

Si on admettait qu'une personne est une femme dans la mesure où beaucoup de ses comportements sont féminins, ce serait encore possible de dire qui est une femme, qui ne l'est pas - et si on définissait le mot femme comme ça, il est à noter qu'il y aurait des femmes plus femmes que d'autres parce que la féminité, contrairement au sexe femelle, ça existe en degrés.

Non, c'est trop simple de définir clairement le genre comme un ensemble de faits sociaux. Si on en fait plutôt une identité subjective que personne d'autre ne peut constater, là, on va avoir beaucoup de plaisir. Mais il faudra s'assurer que le genre est À LA FOIS quelque chose de social et quelque chose d'individuel et intime.

Oui, là on va pouvoir passer beaucoup, mais alors là BEAUCOUP de temps à discuter de ce qu'est une femme, sans jamais arriver à une définition parce qu'on n'arrive même pas à comprendre ce qu'est le genre.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?




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